Catégorie : Contentieux et arbitrage

Recouvrement, voies d’exécution, arbitrage et médiation.

  • Arbitrage OHADA : le rôle de la CCJA et de la médiation

    Arbitrage OHADA : le rôle de la CCJA et de la médiation

    Beaucoup d’entreprises préfèrent éviter les tribunaux étatiques. L’arbitrage OHADA leur offre une justice privée, rapide et confidentielle. De plus, la médiation permet de trouver un accord sans procès. Cet article explique les règles clés et le rôle de la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA).

    Les textes applicables à l’arbitrage OHADA

    Deux actes uniformes du 23 novembre 2017 encadrent ces modes de règlement des différends. Le premier porte sur le droit de l’arbitrage. Le second concerne la médiation. Ils sont en vigueur depuis mars 2018. Par ailleurs, la CCJA a révisé son propre règlement d’arbitrage à la même période.

    Le double rôle de la CCJA

    La CCJA siège à Abidjan. Elle remplit deux missions distinctes :

    • elle juge en dernier ressort les contentieux liés aux actes uniformes, comme une cour de cassation commune ;
    • elle administre des arbitrages selon son propre règlement.

    Attention : la CCJA ne tranche pas elle-même le litige arbitral. Elle nomme ou confirme les arbitres. Ensuite, elle suit la procédure et examine les projets de sentence. Ainsi, elle garantit la qualité de la décision. En outre, ses sentences bénéficient d’une exécution simplifiée dans tous les États parties.

    La clause compromissoire : le point de départ

    Les parties choisissent l’arbitrage avant ou après le litige. Voici les deux formes possibles :

    • la clause compromissoire, insérée dans le contrat, prévoit l’arbitrage pour les litiges futurs ;
    • le compromis est signé après la naissance du litige.

    La convention d’arbitrage doit être écrite. Par conséquent, rédigez-la avec soin. Précisez le siège de l’arbitrage, la langue, le nombre d’arbitres et le règlement choisi. Une clause floue crée souvent un second litige, sur la compétence des arbitres.

    Le déroulement d’un arbitrage

    • Le demandeur dépose une demande d’arbitrage.
    • Les parties constituent le tribunal arbitral.
    • Les arbitres instruisent l’affaire, entendent les parties et examinent les preuves.
    • Le tribunal rend une sentence motivée.

    La sentence a l’autorité de la chose jugée. Pour l’exécuter de force, la partie gagnante demande l’exequatur. Toutefois, la partie perdante peut demander l’annulation de la sentence dans des cas limités.

    La médiation : l’alternative amiable

    La médiation fait appel à un tiers neutre. Ce médiateur n’impose aucune solution. Il aide les parties à construire un accord. En effet, cette voie coûte moins cher et préserve la relation commerciale. De plus, les parties gardent le contrôle du résultat. Un accord de médiation peut devenir exécutoire par une procédure adaptée.

    Arbitrage ou tribunal : comment choisir ?

    • L’arbitrage protège la confidentialité des affaires.
    • Il permet de choisir des arbitres experts.
    • Il coûte souvent plus cher qu’un procès simple, mais il dure moins longtemps.
    • Le tribunal reste utile pour des mesures urgentes ou des créanciers simples. Voyez notre guide du M&A en zone OHADA pour intégrer ces clauses dans un deal.

    Pour retrouver les textes, consultez le site de l’OHADA.

    Cet article propose une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Vérifiez les textes en vigueur ou consultez un conseil avant de rédiger une clause d’arbitrage.

  • Recouvrement de créances OHADA : injonction de payer et voies d’exécution

    Recouvrement de créances OHADA : injonction de payer et voies d’exécution

    Une facture impayée peut menacer la trésorerie d’une entreprise. Le recouvrement de créances OHADA repose sur un texte commun aux États membres. Ainsi, un créancier dispose d’outils rapides et d’une procédure comparable d’un pays à l’autre. Cet article présente les étapes, de la mise en demeure à la saisie.

    Le cadre : l’Acte uniforme sur le recouvrement et les voies d’exécution

    L’Acte uniforme du 10 avril 1998 organise les procédures simplifiées de recouvrement et les voies d’exécution. Il s’applique directement dans tous les États parties. Par ailleurs, l’OHADA travaille à sa modernisation. Vérifiez donc toujours la version en vigueur avant d’agir.

    Première étape : la mise en demeure

    Le créancier commence par réclamer son dû par écrit. Une lettre recommandée ou un acte d’huissier fixe la date de la demande. De plus, cette preuve compte pour la suite. Beaucoup de litiges se règlent à ce stade, car le débiteur sait qu’une procédure suit.

    L’injonction de payer : la procédure rapide

    L’injonction de payer évite un long procès. Elle convient à une créance certaine, liquide et exigible. En général, cette créance naît d’un contrat ou d’un effet de commerce.

    Comment ça marche ?

    • Le créancier dépose une requête auprès du président de la juridiction compétente.
    • Le juge rend une ordonnance sans audience, s’il estime la demande fondée.
    • Le créancier fait signifier l’ordonnance au débiteur par huissier.
    • Le débiteur dispose de 15 jours pour former opposition.

    Sans opposition, l’ordonnance devient exécutoire. Le créancier peut alors saisir les biens du débiteur. En revanche, une opposition ouvre un procès classique. Ainsi, le débiteur de bonne foi garde ses droits.

    Les principales voies d’exécution

    Une fois muni d’un titre exécutoire, le créancier choisit parmi plusieurs saisies :

    • la saisie-vente des biens meubles du débiteur ;
    • la saisie-attribution des créances, notamment des comptes bancaires ;
    • la saisie des rémunérations sur le salaire du débiteur ;
    • la saisie immobilière pour les immeubles ;
    • la saisie conservatoire, qui bloque des biens avant le jugement.

    La saisie-attribution mérite une attention particulière. Elle immobilise les sommes détenues par un tiers, comme une banque. Ensuite, ce tiers paie directement le créancier. C’est pourquoi les entreprises utilisent souvent cet outil. Cependant, le débiteur peut contester la saisie dans un délai court, d’environ un mois.

    Le piège de l’immunité d’exécution

    L’État et les entreprises publiques bénéficient d’une immunité d’exécution. Par conséquent, on ne peut pas saisir leurs biens publics. Ce point surprend beaucoup de créanciers. Il faut donc prévoir, dès la signature du contrat, des garanties adaptées. Notre article sur les pièges d’un deal en zone OHADA aborde aussi ces risques.

    Les bons réflexes pour un recouvrement efficace

    • Conservez les contrats, factures et bons de livraison.
    • Relancez rapidement : le temps joue souvent contre le créancier.
    • Identifiez les biens et les comptes du débiteur avant d’agir.
    • Faites appel à un huissier ou à un avocat pour les actes de procédure.

    Les actes uniformes figurent sur le site de l’OHADA. Consultez-les pour connaître les règles précises.

    Cet article propose une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Les délais et les procédures évoluent : vérifiez-les avant d’agir.