Bail commercial OHADA : ce que le locataire et le bailleur doivent savoir

Trousseau de clés posé sur une table en bois, image du bail commercial et de la location de locaux

Le local est souvent le premier actif d’un commerce. Le bail commercial OHADA protège donc le locataire, tout en préservant les droits du bailleur. L’Acte uniforme sur le droit commercial général, révisé en 2010, le régit sous le nom de « bail à usage professionnel ». Cet article résume ses règles essentielles.

Le champ du bail commercial OHADA

Le texte s’applique aux locaux où s’exerce une activité commerciale, industrielle, artisanale ou professionnelle. Il concerne les boutiques, les bureaux et les ateliers. En revanche, il ne vise pas les baux d’habitation. De plus, les règles d’ordre public prévalent sur le contrat. Un bailleur ne peut donc pas écarter les protections du locataire par une clause.

Un contrat écrit

Les parties doivent rédiger le bail par écrit. Ce document fixe le loyer, la durée, la destination des lieux et les charges. Sans écrit, le bail devient difficile à prouver. Par conséquent, le locataire peut perdre certains droits. Il faut donc conserver un exemplaire signé et daté.

Le droit au renouvellement

Le locataire acquiert un droit au renouvellement après une exploitation d’au moins deux ans, conforme au bail. Cette règle protège le fonds de commerce. En effet, un commerçant investit dans une clientèle attachée au lieu. S’il devait partir, il perdrait cette valeur.

Comment demander le renouvellement ?

  • Le locataire adresse sa demande par acte d’huissier ou par lettre avec preuve de réception.
  • Il respecte un délai avant la fin du bail, fixé par le texte.
  • Le bailleur répond dans un délai prévu. Son silence vaut accord dans certains cas.

Vérifiez les délais exacts dans la version en vigueur du texte. Un retard peut faire perdre le droit.

Le refus de renouvellement et l’indemnité d’éviction

Le bailleur peut refuser le renouvellement. Cependant, il doit alors justifier d’un motif grave, comme un défaut de paiement répété. À défaut, il doit verser une indemnité d’éviction. Cette somme compense la perte du fonds et les frais de déménagement. Ainsi, le texte équilibre les intérêts des deux parties.

Sous-location et cession du bail

Le locataire ne peut pas sous-louer librement. Il doit en général obtenir l’accord écrit du bailleur. En outre, la cession du bail suit des règles précises, notamment en cas de vente du fonds de commerce. C’est pourquoi un investisseur doit contrôler ces points avant un rachat. Notre article sur le M&A en zone OHADA les inclut dans la due diligence.

Les bons réflexes avant de signer

  • Lisez les clauses sur le loyer, la révision et les charges.
  • Vérifiez que l’activité prévue correspond bien à la destination des lieux.
  • Prévoyez une durée suffisante pour amortir vos investissements.
  • Gardez la preuve de chaque paiement de loyer.

Les actes uniformes figurent sur le site de l’OHADA.

Cet article propose une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Les délais et les conditions précis doivent être vérifiés dans le texte en vigueur.